Chroniques RAJAZ and Co

Et une nouvelle année qui démarre !! Grand changement pour nous : LE COLLEGE ! Life goes on sur les chapeaux de roues mais on suit le rythme !!!

mardi 10 décembre 2013

saintélyon : bilan des courses


saintélyon 2013 : 75 km entre Saint-Etienne et Lyon, de nuit, en duo avec mon frère...
Ce long post pour partager ce que j'en retiens...
 
Samedi, gare de Voiron, 16h30 : tout Voiron est là, Cyrille qui emmène ses enfants et Zoé à la fête des lumières, Damien un collègue d'Annick qui part faire la saintélyon en relais à 2, Thomas, et sa famille qui part à Lyon, alors que lui ira à Saint-Etienne avec Astrid. Tout est clair. La saintélyon, si vous faites autre chose que les 75 km solo, c'est aussi une affaire de logistique !

Soirée avec mon frère dans son milieu naturel lyonnais, je découvre qu'il est bien entouré, et entouré par des gens comme lui - c'est un compliment - je croyais qu'il était unique en son genre (enfin il reste dans la catégorie "hors catégorie", même dans le genre ;-). Merci à lui et à ses amis pour les pâtes, les discussions non conclusives sur comment s'habiller pour la course, les vidéos improbables sur youtube...

On décolle vers 22h, à 2 voitures, pour deux équipes duo et une équipe trio, je ne vous raconterai pas la logistique je n'ai rien compris. Arrivée à Sainté, une halle des sports bondée, c'est rapidement l'heure du départ, Tanguy qui tient une belle crève m'a lâchement refilé les 45 km et fera les 30 premiers (je n'ai pas dit non, remarquez...).  


 

Ambiance de fous au départ, la musique (U2), les lumières, et un adieu à deux membres de la famille saintélyon disparus dans l'année. Je retiendrai la phrase d'un deux, qui était en chimio depuis 6 mois alors qu'il faisait sa dernière saintélyon : "si le médecin m'annonçait qu'il me reste 5h30 à vivre... je ferais une saintélyon" ! - chapeau.

00:00 : et c'est le départ, la longue procession se déploie, rendez-vous dans... ben en fait on ne sait pas : combien de temps pour faire 30 km de nuit dans la neige et sur la glace, et 850m de dénivelée ? 

(Tanguy, à gauche sur la photo). 

Réponse : 4h18 ! En tout cas pour Tanguy, qui arrive bien oxydé, mais content, avec la ferme intention de dévorer tout ce qui se présente au ravitaillement. 



Le classement importe peu mais nous sommes 180èmes, Tanguy a gagné 10 places depuis Saint-Christo où il était passé en 2h08, bravo ! 

Suivant les conseils avisés de certains, je ne pars pas comme un dératé - alors que les 4 heures dans le bus nous ont vraiment pesé et qu’on n'en peut plus d’attendre - on prend le temps de se féliciter, débriefer (le terrain ? gelé, technique ! les crampons ? indispensables ! l'allure ? va dou-ce-ment !), s'encourager...

Et je pars… comme un dératé, objectif : se réchauffer ! Rapidement je comprends que les crampons (et ma fraîcheur, relative mais certaine par rapport à ceux qui, au lieu de jouer aux insomniaques, ont déjà 30 bornes dans les jambes) me donnent un avantage technique, et je double à qui-mieux-mieux. A peine sorti de Sainte-Catherine, un premier crampon lâche, en bricolant j'arrive à faire tenir la partie arrière, je cours un peu trop sur les talons du coup. Après quelques kilomètres, première énorme flaque de boue au milieu du chemin, ça bouchonne, j'avise un champ sur la gauche, monte sur le muret de pierres, franchis les barbelés, saute dans le champ en contrebas. Mais las, la saintélyon ce n'est pas les Grésivaudan Xpress, mieux vaut rester sur les sentiers : à la réception, plus basse que je ne pensais, douleur fulgurante à la cheville gauche, je sacre tous mes jurons de québécois, mais au moins dans le champ ça avance ! Le deuxième crampon lâche pas très longtemps après... 

Rapidement, on voit les lumières de Lyon, ça n'a pas l'air si loin... Il ne fait pas froid, l'ambiance alterne entre forêt et prés, surtout du chemin, il y a de moins en moins de neige mais le sol reste glacé et parfois soudainement très glissant - je vois de belles chutes, mais pas de gros bobo. Côté rythme, je suis à l'aise, je double en descente et en côte quand on marche, je me fais doubler sur le plat par les gens qui savent courir. La montée du bois d'Arfeuille, mythique en descente, est cette année... mythique en montée ! Mais arrivés en haut, comme à plusieurs endroits sur le parcours, on trouve des gens sur le côté pour nous encourager, au plein milieu de la nuit - ça remonte le moral, mais ça pose une question : parmi nous, qui sont les plus fous ?

Arrivée à Saint-Genoux, premier ravitaillement pour moi, je cours depuis 12 km et la descente m'a bien entamé. Je ne le sais pas, mais j'ai gagné... une place - loin de ma perception, j'aurais cru bien plus ! Petite pause, thé, pâtes de fruit, et c'est reparti !



Les 13 km jusqu'à Soucieu-en-Jarrest sont, au niveau de l'ambiance, les plus beaux : le relief moins marqué permet de voir la longue chenille de lumières au loin...



puis le lever de soleil derrière les Alpes, du Mont-Blanc au sud Vercors...



Ceci dit l'arrivée à Soucieu est laborieuse, la fatigue commence à se faire sentir sérieusement. Nous sommes 177èmes, encore 2 places de grattées... J'y fais une pause un peu plus longue, le gymnase est bien chauffé, re-thé re-biscuits, quelques étirements, et je décide de repartir. Mais en sortant, il fait soudain très froid, et avec ma douleur à la cheville j'arrive difficilement à marcher, sans parler de courir. J'envisage d'arrêter là, mais ça n'aurait pas de sens, alors j'essaie encore un peu. Plus que 20 km, après tout ! 



Pour de rien aider, à ce relais, on récupère des coureurs tout frais qui font le relais à quatre : ils courent comme des lapins ! Et pour une raison que j'ignore, les '75 km', eux, ont repris du poil de la bête et je me fais doubler comme jamais. Et c'en est fini des chemins et de la nature, place à la route. Et avec mes articulations douloureuses et mes chaussures de trail, chaque pas est une souffrance. Les rares montées me permettent de reprendre les places perdues quand les autres courent. Et avec la lumière du jour, on reconnaît les coureurs, ce qui permet de savoir qu'on tient le rythme. 



La descente jusqu'à Beaunant est plus longue que ce que j'avais compris, et je n'en peux plus de ces descentes. 

8:57, sms d'Olivier : 4h18 ! Belle perf ! Content de toi ? Ton frère est passé en 7:37 à Soucieu, à suivre

Sauf que là, mon frère, c'est moi ! J'essaie de répondre par sms, mais c'est trop compliqué à expliquer et trop dangereux en courant, j'écoute les conseils de notre ingé sécu moi ! Mais ça me booste. 

Etonnamment, on gagne 4 places alors que j'ai l'impression de me faire complètement larguer. J'attends la montée de Sainte-Foy, honnie de tous, juste après le ravito, pour me refaire !



Au ravito, n'en pouvant plus du sucré, j'opte pour le triptyque soupe-tuc-fromage, il ne reste plus, crois-je, que 7 km. La montée de Sainte-Foy est un vrai bonheur : on ne peut pas courir, trop raide, et je double à tire-l'arigot - les muscles ça va, ce sont les articulations qui ne suivent plus. Puis le plat, sur le plateau, et un bénévole qui nous annonce 5km500 alors que je crois qu'il reste 4km500, c'est fou comme une si petite différence peut vous achever ! 

9:44, sms de David : Alors, elle a donné quoi cette famille de champions ?
Rémi : Ste Foy (en gros : je suis en train de courir, m'emmerde pas) 
David : Accélère feignasse, plus que la descente et 8 bornes de plat... Bravo

Heureusement, mes batteries ont lâché à ce moment et je n'ai pas vu sa réponse. Et encore plus heureusement, il se trompait sur le plat ! 

Début de la descente, 200 marches pour atteindre la Saône et nous achever les quadriceps, et les larmes aux yeux - d'émotion - en traversant le Rhône, et ce maudit kilomètre supplémentaire pour entrer dans Gerland... S'asseoir, même pas le courage de boire ou de m'étirer... 



Temps final : 10h36 ! 173èmes, encore. Je ne m'explique pas comment au milieu de tous ces participants, on puisse garder un classement quasi-constant sur 75 km. Et je suis impressionné par ceux du 75km qui continuaient au même rythme que moi. Sans parler de tous ceux qui sont devant nous, avec un premier à... 5h32 !

13:12, sms de Cyrille : un petit décrassage ?
Rémi : Ahahaha ! Mal !

Au final ? Des images plein les yeux, une douleur à la cheville, une certaine fierté. Et pas du tout l'impression d'avoir fait 45 km, mais bien, avec mon frère, d'avoir relié Saint-Etienne à Lyon. Merci à lui pour la motiv', à vous pour les encouragements !

arvi, 
Rémi. 

3 commentaires:

JM et A. a dit…

Tu t'es complètement planté tu n'as pas posté sur skitour ! Si t'as encore des bras on grimpe ce soir ?

Elo et ses crapounous a dit…

Quel plaisir de te lire Remo ! Bravo pour votre course à tous les deux - garde ta fierté en étendard !!!

Mamie Bec a dit…

Respect aux deux frères!